Cervus timorensis russa

As from this week the hunting season has started in Mauritius. Before trying out hunting, I had always disdained this activity thinking of the cruelty of killing a poor animal with a gun and more over calling this activity a sport. After two hunting trips at Bel Ombre hunting ground, I understood the purpose of this activity without which we would not have the joy of tasting venison in Mauritius. The cruelty which seemed to be connoted to this activity could be weighted against the benefits of rearing deer and the conservation of nature. Deer hunting of in essence in Mauritius is a way of preserving nature whilst providing sporting activities and some economic activities. Without being a hunter, I would miss out my delicious cholesterol free red venison if there was no more hunting!

Much light is thrown on this activity with its historic back ground in the issue of the Mauricien this week.

Il était une fois le Cervus timorensis russa…

La saison de la chasse aux cerfs s’est ouverte hier et le restera jusqu’à la fin d’août, quatre mois durant lesquels quelques amateurs pourront ainsi se livrer à leur passion. Alors que, pour la majorité des Mauriciens, ce sera l’occasion de déguster plus aisément ce gibier particulièrement apprécié, une viande ne tombant sous le coup d’aucun interdit d’ordre religieux. Histoire de l’élevage d’un animal dont l’introduction sur l’île date de plus de trois siècles et demi, à l’époque même de l’introduction de la canne à sucre.

C’est en 1639, alors que l’île était gouvernée par le Hollandais Adrian Van Der Steel, que le vaisseau Keppel, en provenance de l’île de Java, débarqua sur l’île les premiers cerfs, à Grand-Port, afin de pourvoir les colons en viande fraîche, après qu’ils eurent exterminé le Dodo. Ces premiers cerfs, de l’espèce des Cervus timorensis russa, sont aujourd’hui encore la seule espèce élevée à Maurice. Après avoir été mis en liberté dans la forêt la plus proche, ils s’adaptèrent si bien à leur nouvel environnement que, une cinquantaine d’années plus tard, le gouverneur Lamothius faisait savoir à ses supérieurs du Cap de Bonne Espérance que, le cerf étant en surabondance, à Maurice, la viande de celui-ci pourrait être conservée par salaison et expédiée en grande quantité au service de la Compagnie.

En 1710, après le départ des Hollandais, les quelques individus mis en liberté au pied de la Montagne du Lion au sud-est de l’île, proliférèrent si bien que les Français, à leur arrivée en 1722 trouvèrent des animaux très gras, principalement dans la région nord-ouest de l’île qui devait devenir Port-Louis. L’extension de la canne à sucre nécessita cependant la migration des cerfs sur les terres avoisinantes et impropres à toutes cultures. La chasse, alors sportive et récréative, était en ce temps pratiquée sans réglementation. Celle-ci devait apparaître quatre ans plus tard, en 1726, concernant notamment la diminution du nombre de chiens utilisés en battues.

En 1749 la chasse sportive est abolie, la viande de cerf devant être disponible en quantité nécessaire au ravitaillement des quelque 120 vaisseaux mouillant annuellement à Port-Louis. Le retour de la chasse récréative, en 1790, voit l’arrivée de nouvelles réglementations, concernant notamment la période durant laquelle elle est autorisée (du 15 mai au 30 août), ainsi que la délimitation des terrains de chasse de chaque propriétaire. De 1790 à 1870, les parties de chasse s’organisent de mieux en mieux. De grandes battues sont mises en place avec la participation de nombreux porteurs de fusils, rabatteurs avec leurs chiens, piqueurs-fusils et autres. Les parties de chasse, qui jusqu’alors duraient une matinée, avec déjeuner sur le mirador, se prolongèrent sur deux jours – les chasseurs couchant dans les bois -, alors qu’apparaît, par ailleurs, une exploitation plus judicieuse des forets avec notamment la création de plaines plus ouvertes.

Vers 1860, les grands propriétaires de chasse ont adjoint à leurs terres celles de la Couronne qui y sont contiguës. Sur leurs vastes domaines où ils détiennent presque tous les droits de chasse, ils mettent en place leur propre réglementation visant à la conservation et à la reproduction de leurs troupeaux : pas d’abattage de biches ou de daguets, certains allant même jusqu’à empêcher l’abattage des trois-cornichons. Sur les hauts plateaux, le développement de hardes de cerfs est à son apogée. Les véhicules circulant entre les 15e et 17e miles, sur la route de Port-Louis à Grand-Port, étaient souvent obligés de s’arrêter pour laisser passer les troupeaux…

Expropriation

Cet apogée des troupeaux cervidés va être suivi d’un déclin dû, en 1878, à la peste bovine, qui va contaminer les cerfs ; à ce fléau va s’ajouter l’expropriation des terres incultes pour le reboisement, ainsi que le morcellement et la location des grandes terres de chasses, sans discernement. Les habitants des hauts plateaux se réveillent chaque matin avec des cadavres de cerfs sur leurs pelouses… Des nouveaux clubs de chasse se forment, mais avec un abattage systématique du gibier sans stratégie de conservation. La population de cerfs, presque complètement décimée, doit sa survie à sa résistance et à son aptitude à s’adapter. À ce constat, au tournant des XIXe et XXe siècles, quelques propriétaires souhaitant développer au mieux leurs terres, importent les nouvelles espèces de pâturages que sont le raygrass et l’herbe d’argent (Ishaemum Aristatum L.) Ces propriétaires ayant à cœur le développement du cerf se regroupent le 25 mai 1921 et forment la “Société des Chasseurs”.

C’est à partir de 1950 que, quelques propriétaires, fatigués de la migration de leurs hardes de part et d’autre de leurs balisages décident de clôturer leurs terres. Ainsi paraissent les premiers élevages extensifs appelés “chassés” avec le suivi du troupeau d’une année sur l’autre, la mise en place des quotas de chasse pour la gestion du nombre et de la qualité du gibier.

Entre-temps, la Première Guerre mondiale et la crise économique de 1929, voient la mise en place d’une réglementation, en 1939, qui oblige de nombreux propriétaires à mettre de la venaison sur le marché pour l’approvisionnement, en viande fraîche, de la population.