Problème du temps

J’ai eu le grand plaisir d’assister, grâce à un DVD de l’APM, à une intervention d’Alain Comte Sponville sur “le temps de l’entreprise, le temps du dirigeant”. Devant une assemblée de chefs d’entreprises, au fil d’une rencontre des clubs du nord de la France, Il tentait de définir “le temps”. Alain Comte Sponville (ACS) fit allusion à Saint Augustin d’Hippone et à commenter sur les écrits du saint du 3eme siècle sur le sujet. Cette approche philosophique d’ACS sur le temps m’a beaucoup amusé, intrigué, et mieux encore il m’a tenu en haleine par son éloquence et la clarté de ses propos. ACS fit une plaidoirie pour que nous vivions “au présent”. Son discours m’a propulsé dans la recherche des écrits de Saint Augustin, Aristote et de Spinoza. Oh lala! Quel travail! Me voila parti dans mes nuages de philo !

Augustin reste connu comme auteur de la fameuse boutade « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus » (Confessions). Également célèbre pour la citation suivante : “Ce qui autorise à penser que le temps est, c’est qu’il tend à n’être plus.”

Mais il cherche tout de même à défricher ce mystère. Il admet avec les philosophes que pour l’homme « Il y a trois temps, le présent du passé, le présent du futur et le présent du présent », mais se refuse à considérer que Dieu puisse être, comme l’homme, « prisonnier du temps », et en particulier impuissant à connaître l’avenir. Il estime que l’ensemble des instants de l’univers doit être, pour ce dernier, « omnia simul » : tout est présent à la fois, simultané, sans succession, éternel.

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