Yalla! Sœur Emmanuelle

Elle est partie vers le Père céleste, elle laisse en héritage une organisation ASMAE– qui veut dire ECOUTE- qui continue à œuvrer pour les pauvres et affligées.

Qui était Sœur Emmanuelle ?

Elle partage ses années d’enfance et de jeunesse entre Paris, Londres et Bruxelles, lesquelles sont marquées par la mort de son père, noyé sous ses yeux sur la côte d’Ostende lorsqu’elle a 6 ans. C’est à 20 ans que Madeleine Cinquin décide de rentrer au couvent malgré l’opposition de sa mère. A 23 ans, après des études de sciences philosophiques et religieuses, elle prononce ses vœux de religieuse dans la congrégation Notre-Dame de Sion et devient Sœur Emmanuelle.

Sœur Emmanuelle enseigne les lettres au Lycée Notre-Dame de Sion à Istanbul en Turquie et ensuite en Tunisie. Tout au long de ces années, elle ressent le désir de se mettre au service des exclus. Elle sensibilise ses élèves, de condition aisée, aux difficultés des populations démunies de leur pays. Elle enseigne à Alexandrie et s’attache beaucoup à l’Égypte.

Le gros de son travail commença à sa retraite. A l’âge de 63, En 1971, elle décide de partager la vie des plus pauvres, les chiffonniers du Caire, en Égypte. Guidée par ses valeurs : la foi en l’Homme, le Respect de l’autre et la Justice, elle parvient à s’intégrer dans leur communauté.

En travaillant en collaboration avec les chiffonniers, elle contribue à améliorer leurs conditions de vie. Ses priorités vont à la santé et à l’éducation des enfants. En quelques années, des dispensaires, des écoles et des jardins d’enfants sont construits.

Elle rencontre en 1976 Sarah Ayoub Ghattas (sœur Sarah), alors jeune et dynamique supérieure d’un couvent copte orthodoxe, francophone, issue d’une famille de la bourgeoisie qui la rejoint et devient l’âme de la communauté. Grâce à sœur Sarah, « la maison étant tenue », sœur Emmanuelle peut parcourir le monde pour récolter des fonds grâce à ses dons d’oratrice et sa personnalité chaleureuse.

Pour la soutenir dans ses actions, elle fonde sa propre association, en 1980 : ASMAE – Association Sœur Emmanuelle. Pragmatique, elle veut professionnaliser ses actions et assurer sa relève. Sous son impulsion, l’association développe ses actions dans d’autres pays.

En 1993, à la demande de ses supérieures, Sœur Emmanuelle quitte définitivement l’Égypte et rejoint sa communauté en France. Elle continue de se battre pour plus de solidarité. Elle écrit des livres (Chiffonnière avec les chiffonniers, Richesse de la pauvreté, Vivre, à quoi ça sert ?), rencontre des jeunes dans les lycées et les écoles, s’occupe également de l’association Les Amis de Paola à fréjus en aide aux SDF et donne des conférences aux côtés de son association pour sensibiliser le public à l’engagement solidaire.

Parallèlement, Sœur Emmanuelle continue à donner « un souffle » à son association. Elle lui transmet ses principes d’actions qui sont chaque jour mis en pratique sur le terrain. « éduquer un homme c’est éduquer un individu, éduquer une femme, c’est éduquer un peuple ».

En 1995, avec Geneviève de Gaulle-Anthonioz, elle est à l’origine de l’orientation de la campagne présidentielle de Jacques Chirac sur le thème de la fracture et de l’exclusion sociale[2].

Le 1er janvier 2002, Sœur Emmanuelle est promue par Jacques Chirac au grade de commandeur de la Légion d’honneur avant d’être élévée, par Nicolas Sarkozy, le 31 janvier 2008 grand officier de la Légion d’honneur.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Paris, le 20 octobre 2008

Sœur Emmanuelle s’est éteinte le 20 octobre 2008 dans sa 100eme année.

Durant toute sa vie, notre fondatrice a puisé son inlassable énergie dans sa foi en Dieu et comme elle l’affirmait aussi, dans sa foi en l’Homme.

Son combat contre la misère et l’exclusion l’a menée à vivre avec les plus pauvres pour les aider à se « mettre debout », en privilégiant l’éducation des enfants.

En même temps, elle n’a eu de cesse d’interpeller tous ceux qu’elle rencontrait pour les inciter à s’engager en faveur des plus faibles.

Son parler vrai et les valeurs de respect, confiance, justice qu’elle défendait lui ont valu d’être unanimement appréciée. Jusqu’au bout et malgré son âge, Sœur Emmanuelle est demeurée « un souffle » vivant pour tous ceux qui poursuivent et développent ses actions.

Conformément à sa volonté, ses obsèques auront lieu dans la plus stricte intimité. Une messe à sa mémoire sera célébrée prochainement à Paris.

Sa disparition laisse un vide immense dans nos cœurs mais la force de son message continuera de nous aider à être fidèle à sa devise : « Vivre c’est agir, Yalla !».

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